Nutanix .Next 2017 : IoT et Edge computing

La conférence européenne .Next de Nutanix, éditeur connu pour les infrastructures convergées, se tient cette semaine à Nice. Parmi les nombreuses sessions qui se jouent durant les trois jours, nous avons retenu celle évoquant les IoT et le Edge Computing. Un des mérites de la session est de pouvoir remettre en perspective le poids du cloud et le poids des objets connectés. Grosso modo, les IoT se sont environ 3 milliards d’objets divers et variés ayant un ou plusieurs capteurs et beaucoup d’objets ne sont pas publics car déployer en entreprises (aéroports, hôpitaux, etc.). La question se pose : comment les gérer, comment suivre le cycle de vie, comment gérer les données, comment les connecter aux infrastructures ? Ces objets génèrent tout de même 256 Zb contre seulement 8,6 Zb pour le cloud. Même si les chiffres ne sont pas forcément exacts, cela montre que les IoT sont voués à être partout dans les prochaines années. 

Se pose alors, comme nous l’avions déjà écrit, la question de l’infrastructure, des réseaux. Car forcément, injecter une telle masse de données dans le cloud et les infrastructures va poser un sérieux problème, au risque, de faire tomber l’ensemble. Certains prédisent la chute du cloud à cause des IoT. Le Edge Computing va ainsi permettre de trouver une solution en relocalisant au niveau local, une partie des traitements et des flux de données. Un moyen d’alléger les flux réseaux et de soulager les services clouds. 

N’oublions pas que ces objets, et donc ces données, sont divers et hétérogènes, impliquant de multiples flux (temps réel et temps long), comme nous les avions dans les architectures lambda. Dans une approche non-Edge, nous aurions une architecture classique : capteur / IoT, passerelles IoT et les services cloud. En Edge, nous avons toujours les capteurs / IoT mais nous avons au niveau local: l’ingestion de données, les traitements, les traitements longs puis le cloud, au coeur de l’approche. 

La session met tout de même le doigt sur un élément que l’on oublie parfois en parlant de Edge : ce n’est pas parce que l’on introduit une entité locale que l’on simplifie l’architecture. Car finalement, on découpe l’architecture précédente entre le local et le cloud.La partie cloud pourra être mieux cibler dans ses fonctionnalités. On décentralise les traitements mais on garde grosso modo les mêmes couches, et on rajoute un “module” à l’architecture d’origine. 

Dans un futur proche, les intervenants évoquent plusieurs couches : Edge microPaaS (le petit frère du PaaS du cloud donc), une centralisation du code et un cycle de vie des données. La question du cycle de vie des données constitue un des défis du Edge Computing, tout comme celui du code (et donc des applications). Et dans un futur, incertain, ce sera la disponibilité de frameworks et de plateformes de développement Edge complètes pour faciliter le développement des applications IoT. Est-ce à dire que les hubs IoT et les plateformes d’intégrations IoT en mode Cloud sont voués à disparaitre assez rapidement ou à muter totalement ? 

Bien entendu, Nutanix regarde attentivement ce qu’il se passe car il y a un marché pour les fournisseurs d’infrastructure. Et dans un monde idéal, on rêve d’un système hyperconvergé 3.0.