Nutanix .Next 2017 : Nutanix mise sur les développeurs

Jusqu’à vendredi, Nutanix tient sa conférence européenne à Nice. Jusqu’à présent, Nutanix était connu pour sa plateforme cloud hyperconvergée et son appliance. L’éditeur se veut plus que jamais multicloud et hybride, tout en allant vers le développeur, ce qui est relativement nouveau. Plusieurs annonces ont été faites : l’Acropolis Compute Cloud (ou AC2), l’App Marketplace, de nouveaux outils (X-Ray et Xi) et du stockage objet. L’éditeur va peu à peu titiller les acteurs du marché et s’adresser aux développeurs. A y regarder de plus près, il s’agit d’une logique marché implacable. 

Le développeur est décidément une cible pour les acteurs de l’infrastructure et Nutanix y va clairement même si les premiers pas sont un peu hésitants et devant un public qui est tout sauf un public de développeurs. Mais l’important n’est pas flà. C’est le fait que l’éditeur va vers ceux qui anime ce qui tourne sur les infrastructures (et au-delà dans les IoT). Car finalement, n’oublions pas que l’infrastructure en elle-même apporte peu de valeurs à l’entreprise. Pour les éditeurs, le « + » se situe dans les outils de supervision, d’orchestrations, d’hybridation et les couches / services PaaS, là où travaille justement le développeur. D’ailleurs, le code n’était pas absent de certaines sessions notamment une vue approfondie des API et de l’automatisation du datacenter. Nous avons vu deux axes particulièrement en vogue en ce moment : l’infrastructure as code (même si l’éditeur ne nous semble pas forcément à l’aise sur le sujet) et une « réflexion » autour des Functions et une certaine idée de stateless / serverless, rapidement vue en 2e plénière avec le Edge Computing même si les Functions vont bien au-delà de cela et concerne toute la pile infrastructure. Pour nous, Nutanix ira dans ces deux directions dans les mois à venir.  

On simplifie l'accès aux briques pour les développeurs

La partie App Marketplace se rajoute à la solution Calm, la solution d’automatisation et d’orchestration de l’éditeur. L’App Marketplace va permettre aux développeurs d’intégrer à leurs applications des services, des piles techniques (Jenkins, Puppet, MySQL, etc.). Un des objectifs est de simplifier le déploiement de services et de renforcer l’offre technologique pour les entreprises et les développeurs, comme on peut l’avoir sur d’autres plateformes. Côté infrastructure, on pourra utiliser Kubernetes ou encore des clusters Hadoop. La marketplace et Calm fonctionneront ensemble pour faciliter les déploiements, notamment dans de multiples clouds. Cette fonctionnalité est attendue pour la fin de l’année. Pour les développeurs cloud ce n’est pas quelque chose de nouveau car nous connaissez ces fonctionnalités notamment sur Azure, Amazon, Bluemix, etc. 

AC2 peut être vu comme la possibilité d’étendre les ressources des clusters Nutanix, indépendamment du stockage physique. L’idée est de pouvoir étendre les applications (sous-entendus ici le workload), incluant tous les services pisés comme le big data, le machine learning. On se retrouve donc avec des noeuds comportant les applications / services, l’hyperviseur maison et le matériel nutanix. Et on bénéficie de tous les services Nutanix classiques (ADFS, Bloc Services, File Services, etc.) mais la configuration ne change pas dixit l’éditeur. 

A cela se rajoute un autre pilier technique : Acropolis Object Storage Service (AOSS). AOSS est un service stockage d’objets comme nous en avons sur Azure ou Amazon. Très utile pour les données volumineuses et non structurées. Ce service est taillé pour le big data et les solutions d’analyses, de machine / deep learning. D’autre part, ce service est compatible avec les API Amazon S3, ce qui promet une interop et une hybridation entre les services. Sur ce point, Nutanix se met à niveau des autres fournisseurs. Ce service est en développement. 

Autre nouveauté montré durant la conférence : Xi Cloud Services. Une des idées derrières ce nom est la possibilité de faire rapidement du cloud hybride mais côté reprise d’activité après incident (un PRA donc). D’ailleurs, Nutanix le présente comme un service Disaster Recovery. En gros, nous avons le site primaire, le Xi Cloud (un cloud x), le tout est connecté via la solution Prism et on met au-dessès Xi pour assurer le PRA et donc l’ensemble de l’infrastructure sur le site x. Nutanix précise que cela se fera sans gestion supplémentaire, ni déploiement. L’idée est dans la lignée One-Click de l’éditeur : simplifier la création des flux et processus par des outils graphiques. Le service supporte de nombreux protocoles et services de connexions. Et les plans d’actions sont eux aussi flexibles. Il propose aussi du failover et du failback. A un niveau supérieur, on peut aussi faire du VDI Recovery Disaster avec Xi, ce qui peut être très pratique si vous utilisez une infrastructure VDI. 

Le service tourne sur les serveurs physiques de Google et il sera disponible aux USA dans un premier. En Europe, il faudra attendre 2018. 

Comme l’an dernier, .Next a rassemblé plusieurs centaines de personnes et l’un des intérêts est de pouvoir discuter directement avec les ingénieurs, les responsables de l’entreprise. Une bonne édition avec des nouveautés bienvenues.