par Jacques Perrochat, Directeur Solutions Datacenter – Schneider Electric IT

Avec l’avènement de la mobilité, des box Internet, le boom des réseaux sociaux, etc. Internet révolutionne aujourd’hui nos vies. L’informatique n’y échappe pas et connait en ce début de siècle une grande révolution : le Cloud computing. Les entreprises, que leur activité soit informatique (édition de logiciels, société de services et d’hébergement) ou non, sont toutes impactées dans leur façon de gérer leur infrastructure IT.

Le cloud computing ne constitue pas simplement un bouleversement technologique. Il s’agit d’un nouveau modèle économique axé sur le paiement à l’usage. Il constitue, pour une entreprise ou une administration lambda, un moyen très attractif de simplifier la mise à disposition de services applicatifs à ses collaborateurs et la gestion de son infrastructure informatique. Le cabinet d’études IDC estime ainsi qu’aujourd’hui 84 % des entreprises emploient au moins une application cloud et prévoit également que 69 % des postes de travail seront virtualisés d’ici 2013. Le cloud bouleverse également le métier des éditeurs de logiciels. Pour mettre à disposition leurs solutions, ils doivent désormais les héberger pour le compte de leurs clients. Ce changement de modèle économique les oblige dorénavant à appréhender les notions d’accessibilité, de sécurité et de haute disponibilité et à revoir leurs modes de facturation. Au global, le cloud entraine une décentralisation croissante de l’informatique qui fait littéralement exploser la demande en matière d’hébergement et qui pousse au développement de fermes informatiques opérées par des sociétés d’hébergement.

La datacenter est au cœur de tous ces changements. Il doit faire face à de nombreux enjeux d’ordre technologique, économique et environnemental, ce qui nécessite de nouvelles approches de conception, de gestion et d’organisation. Pour s’adapter, les datacenters vont devoir de plus en plus migrer vers des solutions mutualisées.

Flexibilité, enjeu majeur des datacenters de nouvelle génération.
L’avènement du cloud a apporté une nouvelle variable dans la gestion des datacenters. Il s’agit de la flexibilité. C’est aujourd’hui devenu l’élément critique de toutes les étapes du cycle de vie d’un datacenter car celui-ci doit désormais être capable de s’ajuster en permanence et de façon automatisée aux besoins de croissance, de sécurisation et de respect de l’environnement des organisations. Cette flexibilité pousse à la création de datacenters d’une nouvelle génération qui doivent être :
• Modulaires dans leur conception, c’est-à-dire tenir compte des besoins actuels et futurs. Ils doivent être évolutifs et permettre une adaptation rapide pour gérer la densification des datacenters imposée par la haute densité, la virtualisation, etc.
• Modulaires dans l’exploitation, pour répondre aux besoins multiples de disponibilité et de sécurité que peut avoir l’entreprise. Ils doivent apporter la possibilité de sécuriser spécifiquement les applications de nature différente d’une même entreprise (approche Multi-tiering). En effet, pourquoi sécuriser une application bureautique de la même manière qu’une application de paiement par exemple ? Cette modularité doit également permettre une gestion de l’infrastructure comme un service (IaaS) selon une approche à la demande et de paiement selon la croissance (pay as you grow).
• Modulaire dans le pilotage, la supervision du datacenter doit fournir tous les indicateurs nécessaires pour planifier les activités et les ressources, et gérer les actifs informatiques. Le recueil et l’analyse des données d’exploitation doivent permettre de procéder à une facturation précise des frais d’exploitation directement auprès des divisions concernées de l’entreprise ou du client (pour l’hébergeur et l’éditeur de logiciels). Le datacenter étant un poste important de consommation d’énergie d’une organisation, il doit également être en mesure de fournir des données environnementales pour une communication aux directions générales et du Développement Durable. Et dans la pratique ?

Que la réflexion porte sur le développement d’un nouveau datacenter ou sur l’évolution d’une salle existante, il est primordial de démarrer par une phase d’audit afin d’analyser et de définir les besoins et les performances envisagées. L’audit va permettre de structurer la décision et la stratégie à adopter. Celui-ci doit porter sur la modularité de l’infrastructure et l’automatisation des procédés de virtualisation sur l’infrastructure.

L’audit doit mesurer le PUE (Power Usage Efficiency) et les conditions d’alimentation et de refroidissement des infrastructures, afin de dresser une cartographie de l’utilisation de l’énergie dans les centres informatiques.

Que l’on agrandisse, rénove ou construise sa salle blanche, les entreprises doivent s’appuyer sur des solutions :
• intégrées et modulaires qui s’adaptent au rythme des besoins d’alimentation électrique et de climatisation de l’entreprise, à l’espace disponible (à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment) et au modèle économique de l’entreprise ;
• qui accompagnent la virtualisation afin de s’assurer que l’infrastructure existante est bien modulable et est en mesure de s’adapter au déplacement des serveurs virtuels ;
• de gestion de l’infrastructure du datacenter (DCIM) qui permettent de s’assurer de la performance de l’infrastructure globale. Pour cela, il est primordial d’intégrer une solution ouverte et polyvalente permettant d’observer les statuts de l’infrastructure physique, du matériel informatique et des applications. Cette vue générale offrant un outil de contrôle de la capacité du datacenter et de son rendement énergétique.