Docker : une réussite dans les entreprises ?

Datadog, éditeur d’une plateforme de monitoring, vient de publier un rapport sur l’adoption de Docker, et plus largement des conteneurs. En presque 4 ans, Docker connait une adoption forte. 25 % des entreprises disent avoir adopté Docker. En réalité, il faut tout de même inclure deux tendances : les entreprises qui testent plus ou moins (quelques %) et les entreprises qui abandonnent purement et simplement Docker soit environ 7-8 %, ce qui n’est pas négligeable. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir pourquoi.

En tout 36-37 % des entreprises disent utiliser ou avoir utilisé Docker. 

L’éditeur dit que 21 % des serveurs tournent aujourd’hui avec Docker. Sans doute au détriment des autres solutions comme la virtualisation ou en plus de celles-ci. Les grandes infrastructures (au-delà de 1000 serveurs) adoptent ou testent plus facilement les conteneurs. Autre constat intéressant de l’étude : 50 % des environnements conteneurs utilisent un outil d’orchestration. 

L’orchestration est indispensable pour gérer, administrer et suivre les conteneurs, surtout quand vous avez plusieurs milliers de conteneurs. Comme disait un des speakers d’Oracle Code du 3 juillet : Kubernetes a gagné la guerre des orchestrateurs par la qualité de son environnement. D’autres existent mais ils sont aujourd’hui inexistants hormis Mesos pour des usages très particuliers. L’orchestrateur permet aussi de mettre à jour beaucoup plus rapidement les conteneurs. Par contre, le rapport pointe la faible durée de vie des conteneurs. Ce qui est un peu un paradoxe surtout en contexte des productions où le conteneur remplace des infrastructures virtualisées. Est-ce à dire que l’usage se fait sur des usages spéciaux ou pour gérer des pics de charges ou déployer sur un court moment un service ? 

Autre élément de l’étude : l’augmentation de la taille des infrastructures conteneurs en production. La taille augmente fortement en 2018. Les entreprises nécessitent pas à déployer 300-500 conteneurs. Nous sommes en phase de production et non plus de POC ou de POC de production sur de petites échelles. 

Sur la partie « qu’est-ce j’y mets », les plateformes serveurs sont largement utilisées : NGINX, REDIS, SGBD, NoSQL. 

Au-delà du rapport, cela pose la question des services Docker utilisés et notamment les services d’entreprises. Car si le conteneur explose, est-ce que cela renforce Docker ? La question doit se poser car le modèle économique de l’éditeur reste, selon nous, un peu fragile, un peu comme GitHub. Docker peut-il se faire racheter, au prix fort, pour un acteur IT ? La réponse est oui. Un fork est possible et plusieurs existent mais un fork pour faire quoi ? Un Docker like ? Aucun intérêt.