Cloud, la disponibilité avant tout !

Selon une étude IDC, les revenus tirés du cloud public au premier trimestre 2017 ont atteint 63,2 milliards de dollars. Aujourd’hui incontournable, le cloud s’est démocratisé au début des années 2000 avec une poignée d'applications SaaS (logiciels en tant que service), pour des solutions ERP (progiciels de gestion intégré), CRM (outils de gestion de la relation client) et de Ressources Humaines. Et l’activité des entreprises repose désormais sur ces types d’applications. Ces dernières peuvent sembler indépendantes et non corrélées, mais toutes ont besoin de la performance du réseau pour fonctionner correctement.

Prenons l’exemple de Netflix. Ses utilisateurs paient un certain montant tous les mois pour regarder des films. Mais l’expérience client finale repose complètement sur la connexion internet. Peu importe le prix de l’abonnement, si la connexion est mauvaise ou indisponible, le spectateur n’appréciera pas le service. C’est la même chose pour une entreprise : si son réseau lui fait défaut, il en sera de même pour ses logiciels. Pour un centre d’appel basé sur le cloud, une coupure a ainsi un impact immédiat et direct sur le service client.

Réduire rapidement les coupures réseau avec le SD-WAN

Les entreprises fonctionnent sept jours par semaine, vingt-quatre heures par jour et trois cent soixante-cinq jours par an ; il est donc inenvisageable que les logiciels puissent parfois être indisponibles. Pour cela, les organisations ont besoin d’un réseau ayant une disponibilité constante, à la fois sur le réseau local (LAN) et étendu (WAN). Par le passé, les solutions ne parvenaient pas à offrir cette qualité de service. Or, il est désormais, possible d’avoir une disponibilité de 99,999%, c’est donc ce que les entreprises doivent rechercher. Le SD-WAN – soit un réseau étendu défini par logiciel – utilise en effet un contrôle de chemins dynamique, garantissant une haute disponibilité des services WAN et des transports sous-jacents. Plutôt que de fonctionner en mode « actif-passif », où un basculement peut prendre plusieurs minutes, ces réseaux peuvent en effet tirer parti de plusieurs connexions actives et offrir un basculement en moins d'une seconde.

Au-delà de la simple connectivité et vers une transformation réseau complète

Cependant, un réseau ne se limite pas à sa connectivité. Il faut aussi que le matériel, en particulier dans les bureaux distants, soit configuré pour une haute disponibilité. Les routeurs ont cette capacité depuis des décennies, car ils s’appuient sur des protocoles tels que VRRP (protocole de redondance de routeur virtuel) ou HSRP (protocole permettant une continuité de service). Mais cela suppose l'achat de deux routeurs identiques, le second étant le soutien du premier. Cette approche nécessite également que chaque ensemble de routeurs soit configuré manuellement, puis que les configurations demeurent inchangées. De plus, les services WAN doivent être redondants, afin de garantir une prise de relai en cas d'incident, ce qui nécessite plusieurs adresses IP de chaque fournisseur pour les routeurs actifs et de soutien. La complexité et le coût induits par cette approche ont par conséquent rebuté la plupart des organisations. Une approche plus optimale consisterait donc à appliquer les enseignements tirés de l'industrie informatique, dans lesquels les agrégats – ou groupes de ressources – peuvent être déployés en haute disponibilité. Autres bénéfices : l’ampleur du déploiement est plus importante, la performance améliorée et la gestion simplifiée. Si le réseau se transforme en un logiciel fonctionnant sur des plateformes de calculs standards, l'industrie peut alors appliquer les mêmes options de haute disponibilité que leurs serveurs. Une solution SD-WAN de pointe devrait permettre de configurer des agrégats redondants, tous actifs, sans pour autant avoir besoin des répétitions du WAN et des adresses IP. Un SD-WAN hautement disponible peut donc fournir 99,999% de disponibilité pour les infrastructures et les services des bureaux distants.

En outre, de nombreuses entreprises tentent de limiter la quantité d'infrastructure sur sites, en particulier dans les bureaux distants disposant de peu d’espace. C’est pourquoi la création d’un groupe de serveurs n’est pas idéal. Pour ces entreprises, le modèle « cloud-first » permettant de tirer parti du cloud est néanmoins en train d'émerger. Ce dernier offre en effet aux entreprises la haute disponibilité requise sans investissement, grâce à des conteneurs gérés via le cloud. Ce modèle élimine ainsi le besoin d'infrastructures de calculs et de stockage sur site pour gérer un réseau SD-WAN.

De plus en plus d'organisations adoptent un modèle « cloud-first ». Auparavant ressource clé, le réseau est devenu un atout stratégique qui, lié au cloud avec l’architecture adéquate, permet d’accroitre l’activité commerciale. Avec la digitalisation croissante, une haute disponibilité n'est donc plus optionnelle, toutes les organisations doivent l’intégrer à leur stratégie de transformation numérique. 

Zeus Kerravala, analyste partenaire de Silver Peak